Recommandations urticaire chronique spontanéeActualisation décembre 2019

Urticaire chronique spontanée avec angio-oedèmes fréquents, corticodépendance et syndrome métabolique

Retour à l'arbre Imprimer dernière mise à jour le 24/01/2020

Photo patiente Photo patiente
urticaire

Présentation

  • Madame L. a une urticaire chronique spontanée depuis 3 ans ; les plaques sont quotidiennes depuis 6 mois, avec épisodes d’angio-œdème (paupières, lèvres) assez fréquents (environ une fois par mois) mais rapidement résolutifs (moins de 12 heures), l’amenant à consulter régulièrement aux urgences. Elle a eu des examens biologiques de routine répétés toujours normaux.

Traitements antérieurs

Elle a pris 5 différents anti-H1 à dose conventionnelle (dose de l’AMM), puis à double, triple et quadruple dose. Lors de passages aux urgences pour des épisodes d’angio-œdème, elle a reçu plusieurs fois des corticoïdes per os à la dose de 0,5 mg/kg/jour (décroissance progressive sur 3 à 7 jours), associés à de la dexchlorphéniramine par voie intra-veineuse. Elle s’auto-médique actuellement (prednisone 60 mg/jour pendant 3 jours) dès l’apparition d’un angio-œdème.

Autres éléments

  • Madame L. a pour antécédents une hypertriglycéridémie modérée, une obésité (poids : 96 kg, taille : 173 cm, IMC : 32), une hypertension artérielle et un diabète de type 2 (dernière HbA1c : 8%). Son traitement habituel comprend : fenofibrate, metformine, ramipril, levocétirizine 4/jour.

Que lui proposez-vous ?

Voir la proposition

×

Proposition

Information

  • Expliquer que les épisodes d’angio-œdème que la patiente décrit, résolutifs en moins de 48 heures et associés à de l’urticaire superficielle, ne nécessitent pas de corticothérapie. Ils n’engagent pas le pronostic vital, contrairement aux urticaires aiguës de cause allergique. Ils font partie du « tableau » de l’UCS.
  • Expliquer qu’il y a un possible impact défavorable des corticoïdes sur la sévérité de l’UCS (ils pourraient favoriser une résistance aux anti-H1), et sur la survenue plus fréquente des épisodes d’angio-œdème.
  • Expliquer que le syndrome métabolique (hypertension artérielle et diabète) de la patiente peut être aggravé par les corticoïdes.
  • Expliquer qu’il est nécessaire d’avoir un suivi plus régulier de l’hypertension artérielle et du diabète ; il existe d’ailleurs peut-être une association entre surpoids et UCS.
  • Les épisodes d’angio-œdème décrits ici sont a priori liés à l’UCS et non à l’IEC (association aux lésions cutanées, caractère rapidement résolutif). Il est préférable de demander l’avis d’un centre de référence sur les angio-œdèmes, pour l’arrêt ou non de l’IEC.

Évaluation

  • Il est nécessaire d’évaluer l’impact de l’UCS sur sa qualité de vie, avant de proposer un traitement de 3ème intention (après les anti-H1 à dose conventionnelle puis à quadruple dose). L’évaluation peut se faire par le score DLQI ou le score CU-QoL. Il est aussi préférable d’évaluer l’activité de l’UCS à ce stade, par les scores UCT et UAS7.

Traitement

  • L’option thérapeutique à proposer prioritairement est l’adjonction d’omalizumab aux anti-H1, la patiente étant en surpoids et ayant une hypertension artérielle (faisant déconseiller la ciclosporine). L’omalizumab est souvent efficace sur les épisodes d’angio-œdème. Il faut adresser la patiente en milieu hospitalier pour l’initiation du traitement. L’omalizumab se prescrit à la dose de 300 mg/4 semaines par voie sous-cutanée. *Certains experts ne débutent l’omalizumab qu’une fois le sevrage en corticoïdes établi ; d’autres experts recommandent au contraire d’introduire l’omalizumab rapidement, pour aider à ce sevrage.

Références

cas clinique suivant

Centre de Preuves en Dermatologie
Work
10 cité Malesherbes
75009Paris
Île-de-France
FRANCE
Work +33.1 43 27 01 56
Fax 01 43 27 01 86
secretariat@sfdermato.com