Recommandations urticaire chronique spontanéeActualisation décembre 2019

Urticaire chronique spontanée résistante à une double dose d’antihistaminique anti-H1 chez une enfant de moins de 12 ans

Retour à l'arbre Imprimer dernière mise à jour le 24/01/2020

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urticaire

Présentation

  • Louise, 9 ans, a une urticaire chronique spontanée depuis 9 semaines. Elle a eu plusieurs poussées d’urticaire superficielle et 2 épisodes d’angio-œdème, sans facteur déclenchant identifié. Son médecin traitant lui a prescrit des examens biologiques (NFS, CRP, créatininémie, enzymes hépatiques, TSH) qui sont normaux.

Traitements antérieurs

Les traitements pris pour l’UCS sont : antihistaminique anti-H1 (desloratadine) à dose conventionnelle (dose de l’AMM) pendant 1 mois, partiellement efficace (moins de prurit) ; la dose a été doublée par le médecin traitant au bout d’1 mois, qui l’adresse à un dermatologue car l’UCS persiste.

Autres éléments

  • Elle n’a pas d’antécédent médical personnel, en dehors des éruptions infantiles banales. Il y a pour antécédents familiaux une maladie de Hashimoto chez sa mère, une dermatite atopique chez sa sœur. Sa courbe de croissance staturo-pondérale est harmonieuse (poids : 35 kg).

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Proposition

Information

  • Expliquer que l’UCS est une affection cutanée bénigne, non contagieuse et non allergique. Elle peut cesser spontanément au bout de quelques semaines, quelques mois ou quelques années.

Évaluation

  • Le traitement dépend du retentissement de l’UCS sur la qualité de vie de l’enfant (évaluable par le score C-DLQI ; à noter que les scores de sévérité de l’UCS ne sont pas validés chez l’enfant). Il faut bien interroger Louise et ses parents sur la gêne induite par l’UCS.

Traitement

  • Les 2 anti-H1 les plus étudiés dans la population pédiatrique sont la desloratadine et la rupatadine (cette-dernière n’étant plus disponible en solution buvable depuis 2018). Cette posologie peut être doublée, triplée voire quadruplée si l’UCS n’est pas contrôlée, par paliers de 1 à 2 semaines, si la tolérance clinique est bonne (somnolence en particulier). *Certains experts recommandent de passer directement à 4 doses d’anti-H1 puis de diminuer à 3 doses puis à 2, après obtention d’une rémission.
  • En cas d’UCS résistant à une quadruple dose d’anti-H1 :
    • si le retentissement sur la qualité de vie est faible, proposer le maintien des 4 doses d’anti-H1 ;
    • si le retentissement sur la qualité de vie est majeur et au bout d’au moins 2 mois d’échec des anti-H1, les données de la littérature sont pauvres et ne permettent pas d’émettre de recommandations. La ciclosporine est la molécule la plus étudiée chez l’enfant de moins de 12 ans ayant une UCS. *Les experts sont divisés quant à l’attitude à adopter. Certains proposent l’adjonction de montelukast 1 cp/jour, souvent proposé dans l’asthme de l’enfant, d’autant qu’il y a un terrain familial d’atopie ; le montelukast n’a toutefois pas de niveau de preuves suffisant pour justifier son utilisation dans l’UCS chez l’enfant de moins de 12 ans, et les effets secondaires neuro-psychiatriques du montelukast sont plus fréquents dans la population pédiatrique que dans la population adulte. Certains experts proposent l’adjonction d’omalizumab, qui a l’AMM dans l’UCS chez l’enfant à partir de 12 ans, mais qui n’a pas fait l’objet d’études prospectives chez l’enfant de moins de 12 ans ayant une UCS ; cette molécule a une AMM dans l’asthme chez l’enfant à partir de 6 ans. Certains experts proposent l’adjonction de ciclosporine, qui n’a pas l’AMM dans l’UCS de l’enfant ni de l’adulte, mais a fait l’objet du plus grand nombre de cas rapportés chez l’enfant de moins de 12 ans et se donne par voie orale ; la ciclosporine doit être initiée à la dose de 3 à 4 mg/kg/jour, après vérification de la fonction rénale et exclusion d’une infection chronique évolutive. Elle nécessite un suivi clinique (pression artérielle hebdomadaire) et biologique (hebdomadaire initialement, puis mensuel).
    • En conclusion, compte-tenu de l’absence de consensus et du faible nombre de données, il est préférable de prendre un avis auprès d’un centre expert.

Références

cas clinique suivant

Centre de Preuves en Dermatologie
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