Recommandations urticaire chronique spontanéeActualisation décembre 2019

Urticaire chronique spontanée résistante à une quadruple dose d’anti-histaminiques anti-H1

Retour à l'arbre Imprimer dernière mise à jour le 24/01/2020

Photo patiente
urticaire

Présentation

  • femme de 47 ans
  • urticaire chronique spontanée depuis 6 ans sans épisode d’angio-œdème antérieur
  • bilan biologique de routine et thyroïdien normal
  • actuellement, poussées pluri-hebdomadaires

Traitements antérieurs

A pris initialement des antihistaminiques anti-H1 à dose conventionnelle (dose de l’AMM) - 3 molécules différentes - puis, depuis 2 ans à des doses multiples : 2 comprimés de desloratadine 5 mg le matin, 2 comprimés le soir. Prend également de l’homéopathie. Est très réticente aux nouvelles thérapeutiques.

Autres éléments

  • Pas d’antécédents particuliers, pas d’autres médicaments.
  • A un dispositif intra-utérin progestatif.
  • Elle pèse 106 kg et mesure 165 cm (IMC = 38,9).
  • Elle suit depuis 2 mois un régime d’éviction au gluten sans impact sur l’urticaire, mais a perdu 3 kilos.

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Proposition

Information

  • Expliquer que le régime sans gluten n’est pas efficace dans l’UCS en l’absence de maladie cœliaque associée.
  • Expliquer que la poursuite de l’homéopathie est possible si elle le souhaite, mais qu’il n’existe pas de preuves d’efficacité.
  • Expliquer qu’il existe peut-être une association entre surpoids et UCS.

Évaluation

  • Évaluer l’impact de l’UCS sur sa qualité de vie avant de proposer un traitement de 3ème intention (après les anti-H1 à dose conventionnelle puis à quadruple dose). L’évaluation peut se faire par le score DLQI ou le score CU-QoL. Il est aussi préférable d’évaluer l’activité de l’UCS à ce stade, par les scores UCT et UAS7.

Traitement

  • En cas de gêne majeure, option prioritaire : adjonction d’omalizumab aux anti-H1. La patiente étant en surpoids et étant donc plus à risque de développer une hypertension artérielle. Il faut adresser la patiente en milieu hospitalier pour l’initiation du traitement. L’omalizumab se prescrit à la dose de 300 mg/4 semaines par voie sous-cutanée. *Certains experts proposent d’autres traitements avant d’introduire l’omalizumab, en particulier le montelukast, 1 cp par jour, en adjonction des anti-H1, pendant environ 2 mois. Le Groupe de Travail ne le recommande pas, car il n’y a pas de bénéfice établi dans la littérature du montelukast dans l’UCS, le niveau de cette recommandation étant toutefois faible.
  • En cas d’opposition à l’omalizumab, car elle trouve le médicament trop récent ou parce qu’il s’administre par voie injectable, proposer la ciclosporine en alternative, en l’absence d’hypertension artérielle. Chez cette patiente jeune et en surpoids, la surveillance de la fonction rénale est particulièrement importante.
    Les modalités de prescription sont :
    ciclosporine 3  mg/kg/jour en 2 prises quotidiennes pendant 6 mois, avec surveillance de la pression artérielle hebdomadaire et surveillance biologique (numération formule sanguine, ionogramme, créatininémie, urée) une fois par semaine pendant un mois, puis une fois par mois.

Références

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Centre de Preuves en Dermatologie
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