Recommandations urticaire chronique spontanéeActualisation décembre 2019

Urticaire chronique spontanée et régime alimentaire

Retour à l'arbre Imprimer dernière mise à jour le 24/01/2020

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urticaire

Présentation

  • Monsieur R., âgé de 45 ans, a une urticaire chronique spontanée (UCS) depuis 3 mois déclenchée, selon lui, par un repas dans un fast food asiatique. Son médecin traitant lui a prescrit des explorations biologiques (NFS, VS, CRP, TSH, anticorps anti-thyroïdiens et examen parasitologique des selles) qui sont normales. Monsieur R. est persuadé de la responsabilité de l‘alimentation sur son urticaire, mais il n‘arrive pas à identifier les aliments causaux.

Traitements antérieurs

Il a pris : desloratadine, puis levocétirizine à dose conventionnelle (dose de l‘AMM, 1 comprimé/jour) et depuis une semaine, mizolastine 1 comprimé/jour et ranitidine 1 comprimé/jour, sans efficacité supplémentaire.

Autres éléments

  • Il a pour antécédents une atopie, une dépression suite à la perte de son emploi et des lombalgies chroniques. Son traitement habituel comprend : escitalopram 1 comprimé/jour et ibuprofène régulièrement pour les dorsalgies (en auto-médication).

Que lui proposez-vous ?

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Proposition

Information

  • Expliquer que l’UCS est une affection cutanée bénigne, de mécanisme non allergique qui peut cesser spontanément au bout de quelques semaines, quelques mois ou quelques années.
  • Expliquer que l’alimentation n’est pas en cause dans l’UCS. Toutefois, vous pouvez proposer au patient de noter les prises alimentaires et les poussées d’UCS sur un carnet, durant une période de 15 à 30 jours, pour le rassurer sur leur absence de responsabilité. Il n’est pas recommandé de proposer un régime d’éviction alimentaire systématique.
  • Expliquer que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (dont l’ibuprofène) peuvent favoriser les poussées d’urticaire par un mécanisme pharmacologique sur les leucotriènes (non allergique). 

Évaluation

  • Le traitement dépend de la gêne du patient. Il est nécessaire d’évaluer l’impact de l’UCS sur sa qualité de vie (score DLQI ou CU-QoL) et la sévérité de l’UCS (scores UCT et UAS7).

Traitement

  • La mizolastine doit être arrêtée en raison du risque d’allongement du QT avec l’escitalopram.
  • Arrêt de la ranitidine car inefficace chez le patient, et qu’il n’y a pas de preuve dans la littérature de l’efficacité des anti-H2 dans l’UCS.
  • Prescrire un anti-H1 qui n’allonge pas le QT (cétirizine, lévocétirizine…) en proposant 2 doses /jour pendant 1 semaine, puis 3 doses pendant 1 semaine puis 4 doses (2 le matin, 2 le soir) en cas d’inefficacité. *La plupart des experts recommandent de passer directement à 4 doses d’anti-H1 puis de diminuer à 3 doses puis à 2 après obtention d’une rémission.
  • Proposer un suivi à 1 ou 2 mois pour discuter du traitement ultérieur en cas d’échec et selon la sévérité de l’UCS et son retentissement sur la qualité de vie du patient.

Références

cas clinique suivant

Centre de Preuves en Dermatologie
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