Recommandations urticaire chronique spontanéeActualisation décembre 2019

Urticaire chronique spontanée avec angio-œdème aux urgences

Retour à l'arbre Imprimer dernière mise à jour le 24/01/2020

Photo patiente
urticaire

Présentation

  • Madame F., âgée de 24 ans, a une urticaire chronique spontanée (UCS) depuis 1 an, et consulte dans le service d’accueil des urgences pour la survenue d’un angio-œdème du visage apparu le matin à son réveil. Elle n’a pas de signes extra-cutanés, hormis une légère sensation de dyspnée. L’interrogatoire trouve la prise d’un comprimé d’ibuprofène et d’un comprimé de tramadol pour une migraine, la veille au soir. À l’examen clinique, on observe un angio-œdème du visage prédominant sur les paupières et les lèvres (photographie), qui a déjà diminué depuis son réveil (il y a 3 heures), associé à des plaques d’urticaire diffuses sur le corps. La pression artérielle, la fréquence cardiaque et la fréquence respiratoire sont normales, la saturation en O2 est de 99%. L’examen de l’appareil respiratoire est normal.

Traitements antérieurs

Elle prend habituellement de la desloratadine à dose conventionnelle (1 cp par jour), qu’elle oublie régulièrement car son UCS la gêne peu.

Autres éléments

  • Elle n’a pas d’antécédents particuliers. Elle prend une contraception oestro-progestative.

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Proposition

Information

  • Rassurer la patiente : le pronostic vital n’est pas engagé, car il ne s’agit pas d’une urticaire aiguë d’origine allergique (IgE médiée). En effet, le délai entre la prise médicamenteuse ou alimentaire et l’angio-œdème est long ; il n’y a aucun signe de gravité ni d’atteinte viscérale associée, la sensation de dyspnée étant vraisemblablement due à l’anxiété engendrée par l’angio-œdème. Il ne s’agit pas non plus d’un angio-œdème bradykinique, la régression spontanée rapide et la coexistence de plaques superficielles n’étant pas en faveur de ce diagnostic.
  • Expliquer que la poussée est vraisemblablement due au facteur aggravant qu’est la prise d’un anti-inflammatoire non stéroïdien et d’un opiacé.
  • Aucun examen complémentaire n’est nécessaire.

Traitement

  • Le traitement repose sur l’intensification du traitement anti-histaminique anti-H1 : 4 comprimés d’anti-H1 per os à poursuivre jusqu’à l’amélioration. L’administration de corticoïdes ou d’adrénaline n’est pas nécessaire chez cette patiente. Il n’y a pas d’indication à l’hospitaliser.
  • Enfin, expliquer à Madame F. les médicaments à éviter pour limiter les poussées, et comment intensifier le traitement anti-H1 en cas de poussée.

Références

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Centre de Preuves en Dermatologie
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